Le marché français de la seconde main pèse entre 12 et 14 milliards d'euros et progresse de 12 à 20 % par an selon les sources — Vinted seul y a généré 813 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2024 (+36 %), et près de 3 Français sur 4 ont acheté d'occasion cette année. Ce n'est plus une tendance de niche : c'est un pan entier de la consommation française, qui grandit trois à cinq fois plus vite que le e-commerce classique. Ce qui suit, ce sont les chiffres, avec leur source primaire à chaque fois — pas d'arrondi de confort, pas de moyenne inventée entre deux études qui ne mesurent pas la même chose.
Pour un revendeur, ces chiffres ne sont pas juste de la culture générale : ils disent où va la demande, sur quelles plateformes elle se concentre, et à quelle vitesse la fenêtre reste ouverte.
Combien pèse le marché de la seconde main en France ?
Le marché total se situe entre 12 et 14 milliards d'euros selon la méthodologie retenue, avec une croissance à deux chiffres confirmée par toutes les sources consultées.
Deux estimations font référence, et elles ne racontent pas exactement la même histoire. Recy.net (données Statista, ADEME, Citeo) chiffre le marché à environ 12 milliards d'euros en 2026, avec une progression de 5,5 Md€ en 2020 à 8 Md€ en 2023, puis 10 Md€ en 2025 — soit une croissance annuelle proche de +20 %. De son côté, Dynamique Mag, citant une étude Xerfi, retient un marché allant jusqu'à 14 Md€ sur les données 2024, avec une croissance annuelle plus mesurée d'environ +12 %. L'écart vient surtout du périmètre retenu (catégories incluses, occasion en ligne seule ou tous canaux confondus) — d'où l'intérêt de toujours regarder la source avant de citer « le » chiffre du marché.
Sur ce total, la mode et le textile pèsent à eux seuls environ 7 milliards d'euros, soit près de 40 % du marché, et progressent deux fois plus vite que l'habillement neuf. La CCI Paris Île-de-France projetait pour sa part 4,6 Md€ rien que pour l'année 2025 sur ce même segment mode — un chiffre distinct, à ne pas additionner aux précédents puisqu'il ne couvre pas la même année ni la même méthode de calcul.
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Marché seconde main France (2026) | ~12 Md€, +20 %/an | Recy.net (Statista/ADEME/Citeo) |
| Marché seconde main France (2024) | jusqu'à 14 Md€, +12 %/an | Xerfi, cité par Dynamique Mag |
| Part de la mode/textile dans le marché | ~7 Md€, ~40 % du total | Dynamique Mag / enov.fr |
| CA Vinted (2024) | 813 M€ (+36 %) | Vinted Financial Results 2025 |
| CA Vinted (2025) | 1,1 Md€ (+38 %) | Vinted Financial Results 2025 |
| GMV Vinted (2024 → 2025) | 7,3 Md€ → 10,8 Md€ (+47 %) | Vinted Financial Results 2025 |
| Utilisateurs Vinted en France | 23 M+ (1er marché mondial) | LSA (données Vinted, fin 2024) |
| CA leboncoin.fr (2023) | 550 M€ (+11 % vs 494 M€ en 2022) | presse.leboncoincorporate.com |
| Nouvelles annonces Leboncoin/jour | ~800 000 | presse.leboncoincorporate.com |
| Visiteurs uniques mensuels Leboncoin | 28,8 M en moyenne | presse.leboncoincorporate.com |
| Français acheteurs d'occasion (2025) | 75 % (3 sur 4), vs 64 % en 2023 | Observatoire Novascope (Enov) |
| Acheteurs seconde main textile (2024) | 38 % des Français | Baromètre Refashion 2025 |
Pourquoi les chiffres varient-ils autant d'une source à l'autre ?
Parce qu'aucune de ces études ne mesure exactement le même périmètre — et c'est plus honnête de le dire que de trancher artificiellement entre deux chiffres qui ne se contredisent pas vraiment.
Un institut compte le marché de l'occasion en ligne seule, un autre inclut le troc, les vide-greniers et l'économie sociale et solidaire (Emmaüs, Croix-Rouge, ressourceries) ; un baromètre interroge sur « avez-vous déjà acheté d'occasion » quand un autre demande « au cours des douze derniers mois ». Le Baromètre Refashion 2025, par exemple, ventile le volume textile d'occasion écoulé en France par canal : 46 % passe par les échanges entre particuliers (Vinted, Leboncoin), 33 % par l'économie sociale et solidaire, et 21 % par des professionnels B2C. Cette ventilation à elle seule montre pourquoi un chiffre « marché total » et un chiffre « plateformes C2C » ne se recoupent jamais parfaitement.
Ce qui ne varie pas, en revanche, c'est le sens de la courbe : toutes les sources, sans exception, pointent une croissance annuelle à deux chiffres, largement supérieure à celle du commerce neuf.
Vinted : quels chiffres derrière le numéro un de la mode d'occasion ?
Vinted a généré 813 millions d'euros de chiffre d'affaires en France et en Europe en 2024 (+36 % sur un an), pour un volume d'affaires de 7,3 milliards d'euros — et la France reste, de loin, son premier marché.
Ces chiffres viennent directement de la communication financière officielle de Vinted (Vinted Financial Results 2025), la source la plus fiable qui soit sur ce sujet puisqu'elle émane de l'entreprise elle-même. Sur l'exercice 2025, la dynamique s'accélère encore : GMV à 10,8 milliards d'euros (+47 % sur un an) et chiffre d'affaires à 1,1 milliard d'euros (+38 %). Fait moins souvent relayé : le bénéfice net recule légèrement, de 77 M€ en 2024 à 62 M€ en 2025 (-19 %) — signe d'un réinvestissement massif (produit, international, marketing) plutôt que d'un ralentissement, la trésorerie opérationnelle (free cash-flow) progressant elle de +36 % sur la période.
Côté France, LSA rapporte plus de 23 millions d'utilisateurs fin 2024, soit près d'un tiers de la communauté mondiale de la plateforme — qui en fait, sans surprise, le premier marché de Vinted au monde. Pour un revendeur, ce chiffre se lit simplement : un acheteur français sur trois environ a déjà un compte Vinted actif ou dormant. C'est l'audience la plus dense de toute la seconde main mode en France, ce qui explique pourquoi la plupart des stratégies de crosslisting y démarrent.
Leboncoin : quel poids pèse la marketplace généraliste ?
Leboncoin a déclaré 550 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2023 (+11 % vs 494 M€ en 2022), avec près de 800 000 nouvelles annonces publiées chaque jour et 28,8 millions de visiteurs uniques mensuels en moyenne.
Ces chiffres — issus directement de la communication corporate de Leboncoin — dessinent un acteur généraliste (mode, mais aussi meubles, électronique, véhicules, immobilier), moins spécialisé que Vinted sur le textile mais avec une audience comparable en volume. En 2023, la plateforme revendiquait plus de 64 millions d'annonces en ligne et 500 000 vendeurs professionnels actifs — un rappel que Leboncoin n'est pas qu'un terrain de particuliers.
Un développement récent mérite d'être noté pour tout revendeur qui vend aussi sur cette plateforme : depuis le 27 avril 2026, Leboncoin a introduit un modèle payant pour les annonces des particuliers au-delà d'un quota (50 annonces gratuites par an hors véhicules ; deux annonces gratuites par an puis 79,90 € pour un véhicule). Plusieurs retours de terrain (MyTracks, Blog du GCF) font état d'un recul mesurable du volume d'annonces publiées dans les jours qui ont suivi ce changement, en particulier côté automobile. Ce virage vers la monétisation ne concerne pas les comptes professionnels — mais il change la donne pour le vendeur occasionnel, qui doit désormais arbitrer entre payer, réduire son activité, ou se structurer davantage.
Combien de Français achètent (et vendent) d'occasion chaque année ?
Près de 3 Français sur 4 (75 %) ont acheté un produit de seconde main en 2025, contre 64 % en 2023 — soit onze points de progression en deux ans à peine.
Ce chiffre vient de l'Observatoire Novascope, un baromètre exclusif du cabinet Enov qui suit le marché de l'occasion en France depuis 2021 — l'un des rares suivis dans la durée sur ce sujet précis, ce qui en fait une référence solide pour mesurer la tendance d'une année sur l'autre plutôt qu'une simple photo isolée. Sur le segment plus restreint du textile, le Baromètre Refashion 2025 (données 2024) mesure 38 % des Français acheteurs d'au moins une pièce de seconde main, avec un prix moyen de 9,50 € par vêtement d'occasion — et confirme que 46 % du volume textile de seconde main transite par les échanges entre particuliers (Vinted, Leboncoin), contre 33 % pour l'économie sociale et solidaire et 21 % pour les professionnels B2C.
Autrement dit : l'achat d'occasion n'est plus un comportement marginal ou générationnel, c'est devenu un réflexe de consommation ordinaire pour la majorité des Français — et ce réflexe se renforce d'année en année plutôt que de plafonner.
Qu'est-ce que ces chiffres changent concrètement pour un revendeur ?
Une demande qui grossit de 12 à 20 % par an sur un bassin déjà massif (23 M d'utilisateurs Vinted, 28,8 M de visiteurs Leboncoin) veut dire une chose simple : la fenêtre d'opportunité pour un revendeur reste grande ouverte, et elle s'élargit plus vite que la plupart des vendeurs ne peuvent suivre à la main.
Trois lectures concrètes de ces chiffres, côté revendeur :
- La demande dépasse largement l'offre disciplinée. Avec 75 % des Français acheteurs et une croissance à deux chiffres, le problème n'est presque jamais « est-ce qu'il y a des acheteurs ? » — c'est la visibilité et la capacité à traiter le volume. C'est précisément ce que couvre le comparatif Vinted vs eBay vs Leboncoin : savoir où vendre quoi, plutôt que se disperser au hasard.
- Chaque plateforme a sa dynamique propre, et elles bougent. Vinted continue d'accélérer sa GMV (+47 % en 2025) pendant que Leboncoin resserre son modèle gratuit pour les particuliers depuis avril 2026. Un revendeur qui ne dépend que d'une seule plateforme subit ces changements de plein fouet ; celui qui diffuse sur plusieurs marketplaces à la fois absorbe le choc sans y penser. C'est tout l'objet du crosslisting : publier une fois, être visible partout où la demande se trouve.
- Le resserrement des règles côté particuliers profite aux vendeurs structurés. Le nouveau quota Leboncoin ne s'applique pas aux comptes professionnels, et Vinted distingue de plus en plus le vendeur occasionnel du vendeur régulier. Si tu commences à publier des dizaines d'annonces par semaine, la question du statut de vendeur professionnel se pose plus vite qu'on ne le pense.
C'est le rôle d'un outil comme StoFlow : publier un produit une seule fois et le diffuser sur Vinted, eBay, Leboncoin, Vestiaire Collectif et Etsy en simultané, avec un dashboard unique pour les commandes, les messages et les stats — plutôt que de suivre cinq marchés en pleine croissance à la main, un onglet à la fois. Le chapitre crosslisting du guide revendeur détaille la méthode pas à pas, si tu pars de zéro.
Que retenir de ces chiffres pour vendre en 2026 ?
Retiens l'ordre de grandeur plutôt que le chiffre exact au million près : un marché entre 12 et 14 Md€ qui croît de 12 à 20 % par an, porté par des plateformes qui pèsent chacune plusieurs centaines de millions d'euros de chiffre d'affaires, et une base d'acheteurs qui a dépassé les trois quarts des Français.
Aucune de ces statistiques n'est figée — les modèles économiques des plateformes évoluent (le virage payant de Leboncoin en 2026 en est la preuve la plus récente), et les prochains bilans annuels de Vinted, Leboncoin ou Refashion redessineront ces chiffres d'ici un an. Ce qui ne devrait pas changer, en revanche, c'est le sens de la tendance : la seconde main continue de gagner du terrain sur le neuf, plus vite que la moyenne du commerce en ligne. Pour un revendeur, la vraie question n'est plus « le marché est-il assez grand ? » — c'est « suis-je organisé pour en capter ma part, sur plusieurs plateformes à la fois, sans y laisser toutes mes soirées ? »



